Balade autour des mots

samedi 15 mars 2014
par  Balade des Arts
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Balade des Arts outre la revisite des plus beaux sites de notre région, est également un lieu d’échanges et de découvertes tout autant historiques que géographiques voire sémantiques.

Deux expressions furent parfaitement expliquées par notre ami Christian. Vous trouverez pour chacune d’entre elles des voies différentes, à vous de garder celle qui vous semble la plus conforme à vos aspirations linguistiques !!

Passer sur le billard

Plusieurs explications furent avancées dont celle-ci qui ne manque ni de poésie ni d’esprit d’à propos. Passer sur le billard, d’après Claude Duneton, aurait une origine plutôt libertine :

"En effet, le billard a aussi désigné le lit sur lequel on fait l’amour, ce qui est évident pour un esprit salace, puisque sur un billard il y a également une queue et des boules. Et si on y fait l’amour, le billard est donc un lieu où on jouit. Il n’en aurait pas fallu beaucoup plus à des plaisantins spécialistes de l’antiphrase pour désigner également par ’billard’ la table d’opération où, vu les techniques rudimentaires d’anesthésie de l’époque, la ’jouissance’ pouvait aussi être très intense."

Pourquoi pas !

Celle qui suit, me parait plus proche d’un certain pragmatisme populaire. Le docteur Billard, dentiste de son état, aurait créé vers la fin du XIXème siècle, des fauteuils portant son nom. Voir le document dans le portfolio.

 

D’ou vient le mot folie quand on parle d’une construction extravagante ?

Premier élément de réponse :

« On donnait, au siècle dernier, le nom de « folie » à un certain nombre d’asiles plus ou moins mystérieux, où l’on croyait avoir fixé le plaisir pour en avoir banni les bienséances, et dans lesquels on allait se cacher, comme la Galatée de Virgile, en prenant ses précautions pour être vu. On avait d’abord appelé ces lieux de plaisance des petites maisons ; c’était sous la Régence. Plus tard, et avec plus de raison, on les baptisa folies, soit parce qu’ils se prêtaient à pas mal de folies, soit parce qu’on avait consacré des sommes folles a leur construction ou a leur ameublement. La Folie Méricourt, la Folie Saint-James, la Folie Genlis, la Folie de Chartres (Monceaux), la Folie Richelieu, la Folie Beaujon sont restées célèbres. Le plus souvent une folie n’était qu’une habitation de plaisance, ce que nous appellerions aujourd’hui une maison de campagne. Telle était la Folie Regnault, sur l’emplacement de laquelle ont été bâties les prisons des Jeunes détenus et de la Roquette. » Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXème siècle, 1872.

Mais, mais, et pour aller dans le sens de notre ami Christian, l’éthymologie du mot réserve quelques surprises :

"Pour Furetière : « il y a (…) plusieurs maisons que le public a baptisées du nom de la folie, quand quelqu’un y a fait plus de dépenses qu’il ne pouvait, ou quand il a bâti de quelque manière extravagante  », mais Littré, s’oppose à cette définition en trouvant dans les textes du Moyen Âge, foleia quae erat ante domum, et domum foleyae, et folia Johannis Morelli. Littré y voit une altération du mot feuillie ou feuillée : l’abri de feuillage où chacun pouvait vivre un moment en toute discrétion. C’est aussi l’avis du Robert historique d’Alain Rey : « altération de feuillée ; en picard foillie » ; le mot apparaît en 1185 dans des noms de lieux."

Tout cela pour vous annoncer que notre prochaine sortie, sans vous emmener sur le billard, vous proposera de découvrir quelques folies, sises pas très loin de chez nous !!!!


Portfolio

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